Viadeo c'est quoi : l'histoire d'un réseau social
Viadeo, c'est quoi ? Un réseau social professionnel français lancé en 2004, racheté par le groupe Figaro en 2016, puis arrêté. Ce qu'il faut en retenir.

Viadeo, c’est quoi ? C’était un réseau social professionnel français, lancé en 2004 par Dan Serfaty et Thierry Lunati, destiné aux dirigeants, aux commerciaux et aux recruteurs, avec une forte implantation dans les TPE et PME. Racheté en 2016 par le groupe Figaro, il a progressivement perdu ses utilisateurs face à LinkedIn et sa fermeture a été annoncée par son éditeur. Il ne constitue donc plus un canal fiable pour une petite entreprise.
Pour beaucoup de dirigeants, le nom évoque une inscription oubliée, une fiche restée en ligne pendant des années et quelques messages sans suite. Revenir sur ce qu’a été cette plateforme aide à comprendre un mécanisme plus large : celui d’une petite entreprise qui confie sa visibilité à un outil qu’elle ne contrôle pas.
L’histoire de ce réseau est celle d’une réussite française devenue fragile, puis d’un basculement du marché vers un acteur mondial. Elle éclaire la manière dont une TPE ou une PME doit aujourd’hui répartir ses efforts, sans faire reposer sa prospection sur un canal unique.
2004 : la naissance d’un réseau professionnel à la française
Le service voit le jour en 2004, porté par Dan Serfaty et Thierry Lunati. L’idée de départ écarte le curriculum vitae figé : il s’agit de relier des professionnels entre eux, d’afficher ce que l’on cherche et ce que l’on propose, puis de laisser les mises en relation faire le reste. Le nom retenu, court, facilite le bouche-à-oreille.
La croissance passe ensuite par des rachats. L’intégration de la plateforme chinoise Tianji en 2007, puis celle d’Unyk en 2010, élargit considérablement la base d’inscrits. Le réseau s’ancre en France, en Espagne, en Italie et au Maghreb, avec une audience qui dépasse plusieurs dizaines de millions de membres au début des années 2010.
Cette trajectoire mène à une introduction en bourse à Paris en 2014, année où la société revendique la place de numéro deux mondial du secteur. Un rang flatteur, mais adossé à un équilibre fragile face à un concurrent beaucoup plus vaste.
Ce qu’une entreprise de moins de vingt salariés venait y faire
L’usage était très concret, loin des grands discours sur la transformation numérique.
- Identifier le bon interlocuteur dans une société cible avant un premier appel.
- Repérer un fournisseur, un distributeur ou un partenaire implanté dans la même région.
- Publier une offre d’emploi et consulter des parcours sans passer par un cabinet de recrutement.
- Suivre les échanges d’un groupe métier pour prendre le pouls d’un secteur.
- Tenir à jour une fiche d’entreprise avec son activité et ses coordonnées, pour rassurer un prospect.
Le dernier point mérite une nuance. Une fiche abandonnée pendant trois ans donnait une image datée, parfois gênante en rendez-vous. En revanche, une page actualisée faisait office de vitrine gratuite. Un annuaire ne vaut donc que par la fraîcheur des informations qu’il héberge.
Un duel perdu sur l’effet de réseau, pas sur les fonctionnalités
L’affrontement avec LinkedIn ne s’est pas joué sur la richesse des options. Plus un concurrent concentre recruteurs, candidats et dirigeants, moins une double présence se justifie. La plateforme américaine a capitalisé sur sa dimension mondiale, son application mobile et ses outils payants destinés aux équipes commerciales.
Le rachat par le groupe Figaro en 2016 devait relancer la machine en l’adossant à un acteur des annonces et des services aux entreprises. Le redressement n’a pas eu lieu. Les profils se sont endormis, les mises à jour ont cessé, l’audience a continué de reculer jusqu’à l’annonce de la fermeture du service.
Le tableau ci-dessous résume l’écart creusé entre les deux approches.
| Critère | Le réseau français | |
|---|---|---|
| Lancement | 2004, en France | 2003, aux États-Unis |
| Propriétaire final | Groupe Figaro à partir de 2016 | Microsoft depuis 2016 |
| Portée | Surtout francophone et latine | Mondiale |
| Usage dominant | Prospection et mise en relation | Recrutement, contenu, veille |
| Situation actuelle | Fermeture annoncée par l’éditeur | Service toujours actif |
Au-delà des chiffres, la différence tenait à une posture : d’un côté un outil francophone centré sur la mise en relation, de l’autre une infrastructure mondiale du recrutement et du contenu professionnel.
Répartir ses canaux : la question que pose toute plateforme qui ferme
La disparition d’un service n’est jamais un simple incident technique. Pour une entreprise qui y avait noué des relations commerciales, c’est une audience et un fichier de contacts qu’il faut reconstruire ailleurs, souvent dans l’urgence.
La leçon tient en une phrase : aucun outil tiers ne garantit une visibilité durable. Un site qui vous appartient, une base de contacts tenue en interne et une présence locale bien référencée traversent mieux les tempêtes qu’un profil hébergé chez un prestataire capable de s’arrêter du jour au lendemain.
Certaines petites structures l’ont compris depuis longtemps et misent tout sur une adresse web facile à mémoriser, complétée par le bouche-à-oreille, à l’image de cet espace de réalité virtuelle dont on peut découvrir le site sans dépendre d’un réseau professionnel.
Ce choix ne condamne pas les réseaux sociaux. Il les remet à leur place : un canal parmi d’autres, utile pour être trouvé, jamais suffisant pour exister.
Après une fermeture, ce qu’il faut vérifier côté contacts et données
Quelques réflexes simples évitent de perdre le bénéfice de plusieurs années de réseau.
- Exporter le carnet d’adresses et les échanges importants tant que l’interface reste accessible.
- Regrouper les contacts utiles dans un fichier interne, en informant les personnes concernées.
- Vérifier que les coordonnées de l’entreprise figurent bien sur son propre site, à jour et lisibles.
- Corriger ou retirer les mentions d’un ancien compte encore indexées par les moteurs de recherche.
- Confier la gestion de la base de contacts à une seule personne, pour limiter les doublons et les oublis.
Sur le plan juridique, mieux vaut rester prudent. Conserver des données personnelles suppose une finalité claire, une durée limitée et une information des intéressés. En cas de doute, l’avis d’un professionnel du droit reste préférable à une initiative improvisée.
+Quelle était la différence entre Viadeo et LinkedIn ?
Le premier était un réseau francophone, très implanté dans les TPE et PME, orienté vers la mise en relation de proximité. Le second visait une audience mondiale et a bâti sa force sur le recrutement, la publication de contenus et des outils payants pour les équipes commerciales.
+Que devient un profil créé sur une plateforme qui ferme ?
Il cesse généralement d’être accessible lorsque l’éditeur éteint le service. Les informations qu’il contenait peuvent disparaître et la messagerie interne ne permet plus de joindre les personnes inscrites. D’où l’intérêt d’exporter ses contacts avant l’arrêt définitif.
+Une TPE doit-elle encore ouvrir un compte sur un réseau social professionnel ?
Cela peut rester utile pour être trouvé par un prospect ou un candidat, à condition d’y consacrer un minimum de temps. Un profil ouvert puis délaissé produit l’effet inverse de celui recherché. Mieux vaut choisir une plateforme, la tenir à jour et compléter par un site propre.
+Comment une petite structure locale peut-elle se rendre visible sans réseau social ?
En travaillant trois leviers simples : un site clair et bien référencé, une fiche d’établissement actualisée sur les services de cartographie, et des recommandations clients obtenues sur place. Le bouche-à-oreille demeure le premier canal d’acquisition de nombreuses activités de proximité.
+Les données personnelles d’un ancien compte sont-elles conservées ?
Cela dépend de la politique de l’éditeur et des obligations qui lui incombent. Un utilisateur peut demander l’accès à ses données ou leur effacement tant que le service existe encore. Sur ce terrain, la prudence reste de mise et un professionnel du droit peut aider à cadrer la demande.